From .....@wanadoo.fr Tue Feb 02 15:54:46 1999
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From: .....@wanadoo.fr (Jean-Philippe GERARD)
Newsgroups: fr.bio.medecine
Subject: [Silicium] & sources alimentaires
Date: Tue, 02 Feb 1999 14:54:46 GMT
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Silicium dans l'alimentation
----------------------------

en réponse à la question de constant@fhi-berlin.mpg.de
" Quels aliments contiennent de la silice ?? "
sur fr.bio.medecine le 26/I/1999 

> ... certains aliments contiennent de la silice,
> fortifiant a faible dose [...] le cartilage....

> En connaissez-vous ?????

Le silicium biologique est surtout présent dans :

les céréales, surtout complètes :
riz, blé, orge, avoine, seigle, épeautre, ...
sarrasin (ce n'est pas une céréale mais "presque")
Le silicium est surtout présent dans les enveloppes, 
(avec le magnésium et le phosphore, entre autres).
Il peut être intéressant de cuire les céréales 
avec des algues : les alginates augmentent 
la biodisponibilité du silicium. 
les légumineuses (pois secs, ...)
les fruits à pectine (pomme, coing, etc.)
les fruits secs
amande, pistache, noix du brésil, 
noix de cachou, noix de coco, datte, ...
laitue, persil, navet, concombre, épinard, ...
l'ortie
c'est la plante qui contient le plus de silicium.
Plus guère consommée aujourd'hui, délicieuse en soupe pourtant, 
c'est une plante aux propriétés alimentaires vraiment remarquables. 
Très utilisée par les jardiniers, du fait de ses propriétés 
phytosanitaires et d'engrais assez inégalées sous forme 
de purin d'ortie (mais ceci est une autre histoire).
la prêle
n'est pas vraiment de consommation courante...
Très bon remède de phytothérapie.
Ce sont les jeunes pousses fraiches qui en contiennent le plus.
La prêle séchée n'a guère d'intérêt.
Egalement utilisée en phytosanitaire (mildiou, etc.)

D'une façon générale, les fibres alimentaires (solubles et insolubles)
contiennent du silicium (pour certains ce seraitla raison même de
leurs effets protecteurs dans les maladies cardio-vasculaires...)


Les tissus animaux consommés aujourd'hui, en particulier 
la viande (= muscle) en contiennent très peu.
Le silicium est surtout présent dans les abats :
la peau, 
les gros troncs artériels,
le rein,
le thymus et autres glandes (surrénales, etc.), 
le cartilage... 
La gélatine est intéressante : 
le collagène (1/4 des protéines) 
contient des quantités très significatives 
de silicium (liaison covalente). 

En fait, le silicium est surtout présent dans la matrice 
extra-cellulaire : collagènes donc, GlycosAminoGlycannes 
(pardon pour le "gros mot") et élastine. Le silicium est 
un co-facteur indispensable pour la synthèse 
de cette dernière. Il faut mettre en perspective la baisse dramatique
du silicium avec l'âge dans la peau et des artères, > 90%,
avec leur perte d'élasticité, et donc de capacité fonctionnelle
(rides, compliance artérielle). 
Les GAG (acide hyaluronique en particulier) constituent aussi 
l'essentiel du cartilage (propriétés d'hydratation, d'élasticité, 
absorption chocs, ...)


Mais il ne faut surtout pas oublier 

l'eau mais pas vraiment l'eau des réseaux potables
du fait de la floculation quasi-généralisée 
par des sels d'aluminium (ce qui pose parfois bien des problèmes
cf. l'enquête publiée par l'Express cette semaine). 
Ainsi pas plus de 5-10 mg/l de silice dans l'eau de la
plupart des grandes villes (et parfois même zéro).
Allez-voir plutôt du côté des eaux carbonatées 
(genre Salvetat, Arvie, Chateldon) pour les taux les plus élevés
des eaux vendues en métropole (72, 77 et 110 mg/l respectivement).
Pour l'anecdote, l'eau embouteillée qui en contient le plus,
à ma connaissance est la Source Didier (Martinique) 130-140 mg/l.
Certains de nos confrères antillais la conseille d'ailleurs 
sans complexe (pb digestifs, allergo, nervosité, fatigue, etc.). 
En fait, Didier était une ancienne station thermale... 
Un bon nombre des eaux thermales du Massif Central ou des Pyrénées
ont des taux de silice largement > 100 mg/l). À quand les eaux
du Mont-Dore ou de Chatelguyon et autres distribuées en bouteille ?

D'un point de vue épidémiologique, la silice dans l'eau de boisson semble
protectrice contre l'athérosclérose et certains cancers (en particulier
digestifs)...
Et certain pensent que la silice pourrait contrecarrer les effets toxiques 
de l'aluminium dans l'eau (qui est impliquée par certains dans l'étiologie de
la maladie d'Alzheimer).


Source pharmaceutique spécifique :
(en dehors des argiles et excipient)

Dissolvurol = silice colloïdale)
Conjonctyl = monométhylsilanetriol 
(arrêt commercialisation 1998
et c'est fort dommage)
Dulciphak = collyre 
(même principe actif que précédent)

Une des indications des deux premiers produits 
est (était) l'ostéoporose.


Un gros intérêt de cet élément :
il n'y a pas de toxicité due à la silice
par voie buccale (per os).
En particulier, impossibilité d'atteindre une DL50
(Dose Létale) avec le méthylsilanetriol per os 
(= par la bouche) chez le rat.
Une surcharge chronique de silice p.o. paraît hors de portée 
de l'expèce humaine (à moins de manger du sable).
(petit rappel : par voie pulmonaire c'est autre chose : silicose).

Les besoins minimaux quotidiens estimés sont 
de l'ordre de 30-50 mg/jr
(chiffres américains repris par tout le monde).
En fait cette estimation c'est presque du n'importe quoi,
et a été établie d'après les apports habituels.
A mon humble avis, c'est très inférieur à nos besoins :
au moins 100 mg, sinon plusieurs centaines de mg/jr
(avec un "bémol" : tous les silicates ou les composés 
contenant du silicium ne sont pas équivalents). 
Pour info : des doses de plusieurs grammes/jr ont déjà été 
administrées au long cours sous forme de silicate de soude,
(avec des bénéfices intéressants en particulier dans
les maladies cardio-vasculaires, également cité
dans la tuberculose et le cancer (cf. le DORVAUT).

Mais comme la plupart de nos contemporains "civilisés"
ont des apports bien inférieurs aux chiffres déjà 
ridiculement bas cités plus haut... 
il ne faut pas trop affoler la "populace" ignorante,
et heureuse de l'être (croient certains).

Conclusion pratique partielle, 
éventuellement paradoxale, mais vraiment "économique" :
mangez des sandwiches sur la plage,
quand ça craque sous la dent : c'est bon ! ;-)
Le bain de sable n'est pas mal non plus...
Et souvenez-vous que la géophagie 
est très bien connotée dans certaines civilisations 
dites "primitives", en particulier pour les 
femmes enceintes (l'embryon surtout et le foetus
sont particulièrement riches en silice).
Accessoirement (pas tant que ça), 
la silice protège des vergetures
(avis aux futures mamans).



La question sous-jacente était :
la silice (dans l'alimentation) pour les problèmes 
ostéo-articulaires, type arthrose ou ostéoporose ?
La réponse est oui, avec une bonne plausibilité.
même si des études cliniques récentes manquent.
(il y en a quand même quelques-unes).

cf. "[Silicium] & ostéoporose" sur fr.bio.medecine (4/VIII/1997)

Mais qui en France financerait aujourd'hui 
une recherche biologique et des études cliniques
significatives (fort coûteuses...) pour un élément 
aussi trivial que le silicium 
(dans le corps humain il y en a plus que de fer !) ?
L'industrie pharmaceutique, la recherche hospitalière, 
l'INSERM, "l'industrie" thermale, l'industrie agro-alimentaire ?
Je voudrai bien voir ça de mon vivant !!!
(en fait, la quasi-totalité des "décideurs" 
médicaux ou pharmaceutiques ne savent même pas 
que le silicium est nécessaire au vivant).

Etonnez-moi...


Bien à vous

Jean-Philippe GÉRARD
médecin-chercheur
.....@wanadoo.fr


P.S. : constant@fhi-berlin.mpg.de écrivait aussi :
> non, ma question n'est pas une plaisanterie, meme si moi aussi j'ai
> bondi....

Je sais bien que la connaissance médicale et pharmaceutique 
sur le sujet du silicium biologique est quasi-nulle, mais je 
me demande bien ce qui vous a fait bondir comme ça a priori ? 

P.P.S. : si vous voulez des références bibliographiques précises, 
écrivez-moi directement, je ne pense que cela intéresse
le plus grand nombre. Mais peut-être me trompé-je ?
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From .....@wanadoo.fr Mon Feb 15 22:53:20 1999
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From: .....@wanadoo.fr (Jean-Philippe GERARD)
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Subject: Re: [Silicium] & sources alimentaires
Date: Mon, 15 Feb 1999 21:53:20 GMT
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Silicium dans l'alimentation (suite)
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"Lionel.Pierson" <Lionel.Pierson@wanadoo.fr> 
dans "Re: ? Réunion pousse des phanère" sur fr.bio.medecine 
le Mon, 15 Feb 1999 20:49:17 +0300 éCRIVAIT (wrote) :

> J'habite depuis peu La Réunion et il me semble avoir constaté que les
> phanères (poils de barbe, cheveux, ongles) poussent plus rapidement qu'en
> métropole.

> Quelqu'un pourrait-il m'en dire davantage. Est-ce un phénomène connu ?
> Comment l'explique-t-on ?

Quand on augmente ses apports en silice on constate très exactement 
ce phénomène*** (cf. bas de page).

La Réunion est un île volcanique de formation relativement récente 
et son socle basalte n'est pas complètement enterré comme en plaine.
(loin de là, crois-je savoir)
Le basalte contient ~ 50 % silicium.
Sa dégradation (weathering) va relarger les différents éléments
le composant. Les eaux de source et la nappe phréatique doivent, 
à mon avis être bien riche en silice.
La situation est similaire aux Antilles, et j'ai constaté là-bas 
des taux très importants dans certaines sources (> 100 mg/l)

Il y a d'ailleurs quelques stations thermales réputées en Réunion,
dont les eaux sont effectivement riches en silice (par ex: Silaos).

Je ne sais pas comment est distribuée l'eau potable là-bas
mais j'imagine que l'eau est, pour une bonne part, davantage 
puisée dans des ressources primaires, que traitée et recirculée 
comme dans beaucoup de communautés urbaines en métropole.
Or, le traitement avec des sels d'aluminium, agent de floculation
qui permet de la nettoyer, lie la silice.
(formation d'alumino-silicate en particulier).
Le floculat est éliminé et il n'y a jamais (à ma connaissance) 
de recharge en silicate avant réinjection dans le réseau.
Conséquence, les taux de silice dans l'eau ainsi traitée sont 
très faibles. A Paris de 5 à 8 mg/l, pas plus.

Ce qui est très curieux, c'est qu'en Martinique, les taux
d'aluminium dans l'eau du réseau dépassent très régulièrement
les 200 µg/l, taux déjà considéré comme trop important
par rapport au risque Alzheimer (étude INSERM Bordeaux).

Or, en principe, l'aluminium et le silicium sont incompatibles 
en solution en dehors des taux les plus faibles... (???)

Malheureusement les DRASS ne considèrent pas le taux de silice
comme important et il est très difficile de collecter au niveau 
de chacune des DDASS les informations précises sur la situation générale.
quand on n'est pas un "intitutionnel".

C'est vraiment dommage car il semble bien que la silice
puisse apporter une relative protection par rapport
aux différents manifestations du vieillissement.

Heureusement, la silice est également présente dans les fruits,
légumes et céréales. Pour certains (Schwartz in Lancet, ...) 
ce serait d'ailleurs le silicium présent dans les fibres alimentaires 
qui serait le paramètre ignoré expliquant leurs bénéfices nutritionnels en
particulier cardio-vasculaires (et peut-être également cancer ?, digestif ?).
Et personnellement, pour avoir effectué une assez grosse étude bibliographique
sur le sujet du silicium biologique - jusqu'à + de 100 ans en arrière - je suis
bien de son avis. Les autres explications avancées sont assez médiocres,
bien peu étayées scientifiquement, sinon affligeantes (= remplies de mots creux,
genre "régulation du transit", etc.). 


Bien à vous, 

Jean-Philippe GÉRARD
médecin-chercheur
.....@wanadoo.fr


*** Vérification simple du phénomène : au-delà d'un certain âge (~40-50-60 ?)
la vitesse de croissance des phanères est très nettement ralentie.
Il est relativement difficile de s'en rendre compte, car ce ralentissement est
très progressif. Si vous prenez du Dissolvurol (= silice colloïdale)
vous pourrez constater en quelques semaines une accélération assez "foudroyante"
de leur pousse. Une de mes patientes, âgée de plus de 70 ans, a constaté
le phénomène sur ses ongles en une semaine. Une autre, à peu près du même âge,
peut les faire pousser longs et solides comme au temps de sa prime jeunesse 
(ils ne cassent plus). Sans parler de quelques bénéfices collatéraux
(qui sont en fait les plus importants). Mais demandez d'abord à votre médecin,
ce qu'il en pense. La réponse risque d'être en forme de "blanc" (strictement
aucun enseignement à la fac autour de cet élément). 



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From joel-st-l@gatewan.net Tue Feb 16 10:30:00 1999
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Subject: Re: [Silicium] & sources alimentaires
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Jean-Philippe GERARD a écrit dans le message
<36c896a5.858203@news.club-internet.fr>...
>Silicium dans l'alimentation (suite)

>Ce qui est très curieux, c'est qu'en Martinique, les taux
>d'aluminium dans l'eau du réseau dépassent très régulièrement
>les 200 µg/l, taux déjà considéré comme trop important
>par rapport au risque Alzheimer (étude INSERM Bordeaux).


Cette notion m'interresse beaucoup.
Savez vous si cette augmentation des taux d'aluminium dans l'eau du réseau
en Martinique est correllée à une fréquence plus importante de maladies
d'Alzheimer?
merci
:-)
Joel Saint-Louis

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From .....@wanadoo.fr Thu Feb 25 12:11:22 1999
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Subject: Re: [Silicium] & sources alimentaires
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Le 16/O2/99 dans fr.bio.medecine 
Joel-St-Louis <joel-st-l@gatewan.net> éCRIVAIT (wrote) :

> Jean-Philippe GERARD a écrit dans le message
> >Ce qui est très curieux, c'est qu'en Martinique, les taux
> >d'aluminium dans l'eau du réseau dépassent très régulièrement
> >les 200 µg/l, taux déjà considéré comme trop important
> >par rapport au risque Alzheimer (étude INSERM Bordeaux).

> Cette notion m'intéresse beaucoup.
> Savez vous si cette augmentation des taux d'aluminium dans l'eau du réseau
> en Martinique est correllée à une fréquence plus importante de maladies
> d'Alzheimer?

Je ne sais pas. 

L'étude dans le Sud-Ouest est élargie, et nous
devrions en savoir plus dans deux ans. En attendant...

La relation entre aluminium (Al) et maladie d'Alzheimer n'est pas 
formellement établie, c'est le moins que l'on puisse dire, 
et vouloir donner ici un exposé équilibré (notamment politique...) 
serait pour le moins prétentieux.

Quelques éléments d'appréciation 
en dehors des études épidémiologiques :
. un estomac vide laisse passer 15 fois plus l'aluminium
que s'il y a un bol alimentaire ;
. diminution de la barrière intestinale avec l'âge
(chez la femme le silicium intestinal baisse énormément 
après la ménopause : relation possible ?) ;
. affinité très forte du Système Nerveux pour Al (tranporté par la tranferrine)
. rapport Si:Al 100:1 dans le corps entier
1.8:1 au niveau cérébral ;
. modification du fonctionnement neuronal par l'aluminium :
* dépression LTP (Long Term Potentiation) : mécanisme mémoriel élémentaire 
* augmentation de l’activité de l’acétyl-cholinestérase entre 1-10 µM, 
au-delà il y a inhibition non-compétitive ;
* diminution de la choline-acetyltransferase (CAT) ;
* inhibition du transport au niveau des synaptosomes de la L-Glutamine et
de l’acide Gamma Amino-Butyrique (GABA) (amines neurotransmettrices) ;
* inhibition de la dihydroptérine réductase ;
La diminution de cette activité entrainerait une chute de la concentration
en tétrahydrobioptérine et par voie de conséquence de la tyrosine et des 
neurotransmetteurs sous-jacents.
. autres modifications métaboliques :
* inhibition de l’hexokinase : diminution de l’utilisation du glucose ;
* blocage du NADP+ : la neutralisation d’une partie du pool NADPH/NADP+ 
---> pb dans régénération du Glutathion ;
* inhibition d'enzymes de réplication nucléaire ;
* inhibition de la calmoduline.


Certains proposent (BIRCHALL & EXLEY) que la silice serait un antidote
naturel à un excès d'aluminium : étude chez le poisson assez convainquante.
Mais nous ne sommes pas des poissons, et la toxicité de l'aluminium au niveau
des branchies, ce n'est pas trop notre problème. Cependant, il est connu que
l'aluminium prend la place du magnésium dans les nucléosides tri-phosphates avec
un rapport d'affinité tel (>10000x) que ceux-ci (ATP, etc.) deviennent
indisponibles (la silice ne déplace pas cete liaison mais peut la prévenir).

Un excès d'aluminium dans l'alimentation peut aussi induire des carences
relatives en phosphore : formation d'alumino-phosphates inassimilables
(pathologie curieuse récemment élucidée chez les bovins 
nourris avec des résidus de betterave sucrière 
extrêmement riches en aluminium).

On peut imaginer que les habitants de régions sur un socle siliceux
puissent être relativement épargnés par un excès d'aluminium.
L'apport de silice alimentaire, à condition de manger 
des fruits et légumes°°° (poussés dans la région ?) pourrait 
effectivement contrebalancer l'excès d'aluminium : 
formation d'alumino-silicates dans le tube digestif (?).

°°° il y a une relativement (parfois même très) grande variation 
des taux de silice dans une même espèce végétale.
(selon le sol, la saison, les parties de la plante, 
les préparations culinaires, ...).
Un exemple antillais : la sève de canne à sucre a une richesse 
incroyable en silice. Cette richesse est retrouvée dans 
le suc de canne (première cristallisation) mais est totalement
perdue au cours du raffinage. 


Précautions possibles (à discuter) par rapport au risque 
Alzheimer / Al dans eau :
. éviter de boire de l'eau du robinet sur un estomac vide 
quand le taux d'aluminium dépasse les normes autorisées.
(mais pas de problème, a priori, pour l'utilisation culinaire).
. prescrire Actiphos (?)
(ampoules 3 ml de phosphates variés : Li, Ca, Mg, Mn, Na, Fe)
ou équivalent 
. prescrire Dissolvurol (silice colloïdale) (?)

sans oublier de :
. faire pression sur le syndicat de l'eau local !!!


°°°°°°°°°°°°°°°°°

Et puisque nous parlons des Antilles :
[...]



Bien à vous,

Jean-Philippe GÉRARD
médecin-chercheur
.....@wanadoo.fr